A PROPOS
L’exercice difficile : parler de soi… mais commençons…
Photographe né à Genève, j’ai découvert la photographie plusieurs fois.… Dis comme cela, c’est étrange mais…
Mon premier contact avec un appareil photo fût à l’école des Avanchets, lieu où j’étais le meilleur des cancres de la classe. La seule matière qui me sauvait, c’était le dessin.
Un beau jour, la maitresse de classe nous avait informé que l’on devait faire une sortie reporter par groupe de deux. Il y avait le journaliste qui devait prendre des notes avec son calepin et le deuxième qui avec un appareil photo devait être le photo-reporter. Au vu de mes compétences rédactionnelles et de mon français, on m’a fourgué logiquement le boitier photo entre les mains. Ce devait certainement être un Canon A1, l’époque du film argentique.
De cet expérience photographique, ce dont je me souviens c’est que, depuis les Avanchets nous devions prendre le bus seul pour aller en bas de la Servette et que ce jour là, il pleuvait des cordes. C’était peut-être un signe pour la suite avec mes photos de rues… Malgré ces conditions, j’ai ce souvenir d’un bien-être total de ne pas être sur les bancs de l’école et heureux d’être dehors. Je n’ai malheureusement obtenus et garder aucune de ces photos et n’en ai aucun souvenir. Juste en mémoire des clichés gardés dans mon esprit de gosse, du lieu où nous étions avec cette première approche photographique…
Bien des années plus tard je découvre à nouveau la photographie, cette fois, de façon passive. Après une nuit blanche avec des copains, l’un d’eux photographe amateur, décide d’aller chercher son boitier au petit matin. Avec les croissants chauds en main, nous avons fini aux Bains des Pâquis dans la bonne humeur et les fou-rires, pendant que notre pote nous tirait le portrait sans que nous nous en apercevions.
Quelques jours plus tard, notre ami, nous a présenté ses clichés. Ce fût une vraie surprise et révélation ! Garder sur papier en l’espace d’un seul clic des souvenirs incroyable. J’étais émerveillé par l’idée de mémoriser des instants de vie avec un appareil photo. Vraiment passionné par son art, il habillait ses 2 filles avec des habits de dentelle des années 50 et prenait des clichés magnifiques de ses princesses, photos qu’il développait lui-même. C’est grâce à lui que l’envie de me mettre à la photographie est venue. Franky, si tu me lis… Sauf qu’à cette époque, l’argentique coutait cher pour un mec toujours fauché alors que notre pote avait lui les moyens, travaillant dans la banque. La photographie est donc devenu un rêve inaccessible enfoui dans un petit coin de ma tête jusqu’à ce que…
L’arrivée du numérique a permis pour beaucoup de monde d’obtenir des petits appareils photos compacts. Une entrée facile dans le monde de la photo sans se ruiner surtout avec le développement des négatifs. J’avais obtenu un petit Nikon Coolpix qui me permettait de photographier tout et n’importe quoi au début. Puis je suis rentré sérieusement dans le sujet en 2003, avec l’arrivée du premier Reflex numérique « grand public » de Canon, le 300D nommé aussi Digital Rebell dont je fais l’acquisition. C’est le tout premier vrai boitier photographique avec lequel j’ai découvert sérieusement la photo en apprenant en autodidacte ce qu’est l’ouverture, la vitesse d’obturation, la profondeur de champ, les ISO, etc.
Puis avec le temps je suis passé à un Canon 400D, un Canon 5D Mark II et mon dernier, le 5D Mark IV. Effectivement, depuis je suis devenu un peu moins fauché… Découvrant plusieurs style photographique, j’ai pratiqué le paysage et la Street Photography avec mon 5D Mark II alors que pour mon 5D Mark IV, je le réserve principalement pour mes séances portraits. Je me suis aussi équipé modestement de matériel m'ouvrant la voie à la photo de portrait studio avec des flashs, quelques boites à lumière et en travaillant avec un objectif 70-200mm f/2.8 et un 85mm f/1.8.
Cumulant les connaissances et l’expérience photographique nécessaire, je me suis donc tourné naturellement vers le portrait, style photographique que j’avais rangé dans mon petit coin de tête lorsque j’étais fauché. Mais pour le portrait, je me suis plus particulièrement intéressé à celui de la gent féminine.
Mettre en lumière une femme pleine de charme est certes avantageux et facile lorsqu’on fait du portrait photographique. Mais mon principal intérêt dans cette réalisation, c’est d’en faire ressortir son âme, sa sensibilité. Dans cet instant de tête à tête, je m’efforce de capter, l’intensité de son regard, sa personnalité dans ses postures, sa fragilité dans son attitude ou sa sensualité dans ses mouvements. Et très souvent elles sont bien douées dans cet exercice pour nous faciliter la tâche, atout qu’elles possèdent et dont on ne peut que, comme photographe, leur faire l’éloge et les en remercier. En faisant du portrait photographique, j'ai la chance de rentrer dans le regard et l'intimité de celles que je mets en lumière. Et ce regard capté donne toute l'intensité de ce qu'elles ont bien voulu m'offrir dans cet infime instant figé.
Ma passion photographique depuis ces nombreuses années c’est actuellement mise à l'arrêt, depuis 2025 où je n’ai plus du tout sorti mon boitier. Il y a des moments où le besoin se fait ressentir de faire une pause. Elle peut être nécessaire pour partir dans une autres direction ou peut-être pour mieux rebondir dans ce que l’on aimait faire. L’avenir le dira.
La photographie reste une passion même si je ne la pratique plus. L'instant déclenché est toujours dans mes yeux lorsque j’admire un paysage, un levé de soleil ou en croisant une femme dans la rue et qu’une petite voix intérieure me dit: là, j'aurais pu faire une belle photo avec cette lumière et parce qu’elle a une magnifique présence.
La photographie m’a permit de « m’exprimer » simplement avec mon regard et c’est un honneur de pouvoir immortaliser des moments de vie durant 1/160 ème de seconde. C’est aussi une sacré chance de créer des moments historiques dans des instants précis de ma vie ou de celles des femmes qui m’ont donnés leurs confiances. Pour certaines d'entre elles, leur confiance m'a permit de graver un moment de leur vie important, d'un événement joyeux ou voir tragique. Créer des clichés qui ont un sens et une histoire est une opportunité extrêmement gratifiante.
Mon modeste travail présenté ici, n’est qu’une minuscule empreinte de pas, laissée dans les millions de chemin déjà existants, que d’autres photographes talentueux, célèbres ou non, ont gravés en écrivant l’histoire de la photographie.
Merci de vous y être intéressé.